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Facebook a dévoilé l’identité de plus de 1.000 modérateurs à de présumés terroristes

Facebook a dévoilé l’identité de plus de 1.000 modérateurs à de présumés terroristes

C’est une bourde qui pourrait coûter cher.
Alors que Facebook met en avant ses derniers temps les efforts qu’il déploie dans la lutte anti-terrorisme, une enquête du Guardian vient mettre à mal son image.

A cause d’une faille, Facebook a dévoilé l’identité de plus de 1.000 modérateurs à des groupes terroristes, bannis du réseau social, de quoi mettre sérieusement en danger leur sécurité, certains ont fui leur pays.

Facebook s’appuie sur un logiciel pour repérer et supprimer des contenus inappropriés, comme du contenu à caractère sexuel, des incitations à la haine ou encore de la propagande terroriste.

Derrière ce logiciel, une armée de modérateurs.
Mais en octobre 2016, certains d’entre eux se sont étonnés de recevoir des demandes d’amis de membres des groupes auxquels ils s’attaquaient.

Facebook a donc mené l’enquête et a découvert une faille dans son système.

Le bug a été corrigé, mais les dégâts étaient faits

Lorsque les administrateurs bannissaient un groupe qui avait enfreint les règles du réseau, tous les administrateurs recevaient une notification avec le profil de leur traqueur.

Leurs données personnelles étaient donc révélées à leurs « ennemis ».

Facebook assure que le bug a pu être corrigé en quinze jours, mais les dégâts étaient déjà réels.

Plus de 1.000 modérateurs travaillant dans 22 départements de la compagnie sont concernés.

Parmi eux, une quarantaine travaille pour l’unité anti-terroriste au sein du QG européen de Facebook à Dublin.

Six ont été considérés comme des victimes de haute priorité, leur cible; Daech, le Hezbollah ou encore le PKK.

Le quotidien a pu s’entretenir avec l’un d’eux qui a choisi de quitter l’Irlande par peur des représailles.

Proche de la vingtaine, cet Irlandais originaire d’Irak a découvert que sept personnes associées à un groupe terroriste qu’il avait banni avaient eu accès à ses données.

Ce groupe, basé en Egypte et proche du Hamas, compte des sympathisants de Daech, pas de quoi rassurer.

Cette victime, qui souhaite rester anonyme, a pris le large, direction l’Europe de l’est.

Le jeune homme s’y est caché pendant cinq mois, “C’était devenu trop dangereux de rester à Dublin”, confie-t-il.

Le terrorisme, il ne le connaît malheureusement que trop bien, son père a été kidnappé et battu en Irak, son oncle exécuté.

« La punition établie par Daesh pour quelqu’un qui travaille dans le contre-terrorisme, c’ est la décapitation », assure-t-il.

« Tout ce qu’ils ont à faire c’est de le dire à quelqu’un présent sur le territoire et qui est radicalisé. »

Facebook assure de son côté que « seule une petite fraction des noms ont pu être visibles ».

« Nous n’avons aucune preuve que les personnes impactées ou leurs familles soient menacées » à cause de cette erreur informatique », a indiqué son porte-parole.

La société a proposé à ses employés particulièrement exposés d’installer une alarme chez eux et d’assurer leur transport du domicile au travail.

Insuffisant selon l’ancien modérateur.
Depuis un mois, le jeune homme a dû cependant revenir en Irlande, faute d’argent.

Aujourd’hui sans emploi, il souffre d’anxieté.
Pourtant selon lui, la protection de leur identité était simple:

« Ils auraient du nous autoriser à créer de faux comptes, ils ne nous ont jamais prévenus que de tels risques existaient. »

Il compte dorénavant porter l’affaire devant la justice.

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